Bagouet, une oeuvre et sa transmission

conférence d'Anne Abeille

  • lundi 28 mai à 19h

    Au Théâtre

Dominique Bagouet entame une formation en danse classique à Cannes, dans l’école de Rosella Hightower, et obtient ses premiers engagements au Ballet du Grand Théâtre de Genève dirigé par Alfonso Cata, où il danse le répertoire de Balanchine. Après une période où il est interprète chez Félix Blaska, puis chez Maurice Béjart à Bruxelles, il découvre l'enseignement de Carolyn Carlson à l'Opéra de Paris, celui de Peter Goss, et fait partie de Chandra, le groupe d'anciens danseurs de Mudra.

En 1974, il part pour les États-Unis où il acquiert les techniques de Martha Graham et de José Limón avant d'aborder la danse postmoderne avec Merce Cunningham, Trisha Brown et Lar Lubovitch, entre autres.

De retour en France en 1976, il présente sa première chorégraphie, Chansons de nuit, au Concours de Bagnolet, pour laquelle il obtient le premier prix. Il fonde la compagnie Dominique Bagouet et s'établit à Montpellier où il devient directeur, dès 1980, de l'un des premiers Centres chorégraphiques régionaux (devenu Centre chorégraphique national en 1984).

Dès lors les créations s'enchaînent. En 1981, il crée le premier Festival international Montpellier Danse. Pour l'accompagner dans ses créations chorégraphiques, il fait appel à de nombreux artistes, des musiciens comme Gilles Grand, Denis Levaillant, Tristan Murail, Pascal Dusapin mais aussi des plasticiens comme Christian Boltanski, William Wilson ou Christine Le Moigne. Il se soucie particulièrement de l'enseignement et de la formation du danseur et il élabore le projet d'aménagement du bâtiment des Ursulines pour le développement du Centre chorégraphique.

Avec Dominique Bagouet, on est au cœur du renouveau de la danse d'auteur des années 1980, mouvement également appelé nouvelle danse française. L'association Les Carnets Bagouet, créée après sa disparition en 1992 par les membres de sa compagnie (notamment Olivia Grandville), préserve et diffuse son œuvre sous diverses formes. Bagouet est désormais entré au répertoire de nombreuses troupes en France et à l'étranger (Ballet de l'Opéra national de Paris, Lyon Opéra Ballet, ballet du Grand Théâtre de Genève1, Dance Theater of Ireland).

Dominique Bagouet meurt en 1992 du sida alors qu’il était sur le point de commencer les répétitions de Noces d'or, en l'honneur des 50 ans de mariage de ses parents. Cette création est reléguée au stade de projet. Treize ans plus tard, Marie-Hélène Rebois fait revivre dans un film documentaire un portrait de l'artiste et ce qu'aurait été l'œuvre ultime du chorégraphe.

 




Anne Abeille - Après une double formation en danse classique puis contemporaine chez Rosella Hightower et Peter Goss, elle découvre la technique Cunningham auprès des danseurs invités au Centre Américain à Paris. Dès 1976 elle croise le travail de Dominique Bagouet à plusieurs reprises, et c’est en 1989 qu’elle devient son assistante au Centre chorégraphique national de Montpellier.

 

En 1994, elle entre au conseil artistique des Carnets Bagouet dont la mission est la préservation et la diffusion du répertoire chorégraphique.